La rentrée est arrivée.
Je commence à animer, à enseigner et à tergiverser.
Laissez-moi vous emporter dans une journée :
L’école prend vie à 8h23, les enfants sillonnent les corridors afin de rejoindre leur petite oasis : leur pupitre. Dès 8h28, les interphones crachent l’hymne national. À cet instant, chaque personne se doit de s’immobiliser, même si tu es en train de lacer tes souliers. Il y avait des enseignantes dans les corridors qui interdisaient de faire toute autre chose. Lorsque ce chant patriotique retentit, on se doit de s’immobiliser, avoir une bonne posture et fixer l’horizon. Lors de ma seconde journée, j’ai appris à mes dépens que chanter venait en option. Imaginez-vous que tous les enfants murmuraient les paroles et par le fait même Mme Burridge, l’enseignante. Je me suis mise à faire du lips-sing, malgré le fait que les paroles n’étaient pas très claires. Madame Burridge m’a regardée avec un sourire en coin et elle me dit : ‘’ L’hymne est en Mic-Mac aujourd’hui! ’’ Je lui ai répondu par un sourire. J’étais gênée. (J’entends un ami l’autre côté de l’Atlantique dire :’’ elle a deux pieds gauches). ;) On a le plaisir d’entendre 2 fois par semaine l’hymne en français, 2 autres pour l’anglais et on termine la semaine en Mic-Mac.
J’ai été sidérée par l’ambiance solennelle accordée à cet air si important dans les rencontres diplomatiques. Je me suis informée à un ami qui habite maintenant l’Alberta et il m’a confirmé que c’était en vigueur là-bas aussi! J’imagine qu’au Québec, c’est dû à notre esprit indépendantiste et à l’amour que l’on porte à notre province ou notre pays (tout dépend de votre rang).
Il y a quelques années au Québec, on retrouvait des crucifix dans chaque salle de classe. Ici, en Nouvelle-Écosse, on retrouve une photo de la reine Élizabeth II à différents moments de son règne on dirait que l’on fait un chemin de croix à travers l’école! S’il n’y a pas d’image à l’effigie de la reine, on retrouve assurément le drapeau canadien.
Revenons à mes moutons. Après l’hymne national, nous avons le message quotidien de la directrice. Tous les jours, je commence ma journée avec les petits choux de la première année. Par la suite, je change de classe à tout les demi-heures environ, certains groupes sont plus gourmands de ma présence donc je suis convoquée pour une heure! À 10h 15, c’est la pause. De 12h00 à 12h45, je prends place au sein de la salle des professeurs et j’apprends à connaître mes collègues et je me délecte de mon repas de base (merci Jo pour tes petites recettes)! Ma journée comme celle de tout le corps enseignant et des étudiants se termine à 14h15.
J’étais étonnée de savoir que les enfants ont seulement 3,75 heures d’école par jour c’est beaucoup moins que par chez nous. Ils débutent l’école le mardi après la fête du Travail et terminent le 30 juin.
L’école est colorée autant par son personnel, ses élèves ou bien les couleurs qu’elle arbore sur ses murs. Chaque jour, j’apprends à jongler avec les différents niveaux, car je travaille avec des maternelle jusqu’à la 6e année. Mes groupes varient entre : 10, 11, 21 ou 22 élèves. J’ai des lacunes avec certains groupes, mais tout au fil des jours, j’espère être plus à l’aise.
Je me demandais comment se faisait-il qu’il y ait toujours une marre de parents le matin et à la fin des cours. Je pensais que c’était une mode de venir chercher le fruit de sa génétique. Il s’avère que s’est loin d’être une mode, mais un mode de vie. Il n’y a pas d’autobus pour les étudiants de l’école primaire, car elle ne regroupe que des habitants de la ville. Yarmouth est une ville à mon humble avis de la taille de Nicolet… je vous expliquerai tout cela dans un avenir rapproché.
Certes, je ne m’attendais pas faire de l’amnésie et d’oublier mon si mélodieux prénom. Il me manque tellement (rires)! Depuis que je suis dans le système scolaire, j’ai troqué mon prénom pour Madame. Les enfants oublient mon prénom, donc je suis Madame.
À tout vous raconter ça, j’espère bien vous raconter quelque chose à Noël!
Madame!
Madame! Si j'aime pas la reine pis que je suis tanné de la voir dans ma classe, je peux tu lui mettre une moustache en crayon noir ? :P
RépondreSupprimerSurprenant cette histoire d'hymne national, assez patriotique...disons qu'au Québec on est ben plus centré sur nous-mêmes. Hi, hi.
Elle a l'air super cette école. Est-elle bien grande? Combien de classes en tout?
RépondreSupprimerJe crois qu'il faut avoir une souche anglophone pour incorporer l'hymne national et la photo de la reine ou le drapeau canadien.
Comme tu le dis, il n'y a pas si longtemps, nous avions les crucifix, les photos du pape et les prières dans les écoles et autres lieux publics.
Tourlou, Chantal. XXX